À quelques semaines des élections municipales de mars 2026, l’exécutif gouvernemental a laissé planer une hypothèse lourde de conséquences, celle d’une possible dissolution de l’Assemblée nationale. Évoquée publiquement par Sébastien Lecornu, cette option qui relève constitutionnellement du seul pouvoir du Président de la République, s’inscrit dans un climat politique et social particulièrement dégradé.
Si cette menace n’est, à ce stade, qu’une hypothèse, elle agit déjà comme un puissant révélateur des tensions à l’œuvre et comme un levier stratégique dans un rapport de force parlementaire fragilisé.
Une instabilité qui dépasse largement l’hémicycle
La crise actuelle ne peut être lue uniquement à travers le prisme parlementaire. Elle s’inscrit dans une accumulation de pressions sociales, économiques et territoriales.
La colère agricole en est l’un des symptômes les plus visibles. Entre l’inquiétude suscitée par les accords du Mercosur, l’empilement des normes, les crises sanitaires successives et le sentiment d’abandon exprimé par une partie du monde paysan, la mobilisation s’ancre profondément dans les territoires. Les réponses gouvernementales, jugées trop lentes ou insuffisamment concrètes, peinent à apaiser les tensions.
À cette crise sectorielle s’ajoute une fatigue sociale plus large. Après des mois d’inflation, de tensions sur le pouvoir d’achat et de fragilisation des services publics, une partie de la population exprime un sentiment d’épuisement et d’incertitude. La promesse de stabilité portée par l’exécutif se heurte à un quotidien perçu comme de plus en plus anxiogène.
Ce contexte nourrit une impression d’impasse politique. La pression de la rue se répercute directement au Parlement, où les oppositions durcissent leurs positions, tandis que le gouvernement se retrouve pris en étau entre discipline budgétaire et urgence sociale.
Le budget 2026, catalyseur des tensions
Cette séquence se cristallise autour de l’examen du projet de loi de finances pour 2026. L’objectif affiché par le gouvernement de ramener le déficit public sous les 5 % du PIB impose des arbitrages particulièrement sensibles.
La version issue du Sénat laisse encore apparaître un déficit estimé à 5,4 %, impliquant la recherche d’environ 12 milliards d’euros d’économies supplémentaires. Réduction des dépenses publiques, hausse de la fiscalité, effort demandé aux entreprises ou aux ménages les plus aisés : les lignes de fracture sont profondes, y compris au sein de l’hémicycle. Résultat, les compromis se font rares et la défiance s’installe durablement.
Un budget qui sera finalement adopté sans vote, par 49.3. Une décision qui fragilise une nouvelle fois le gouvernement.
Dissolution : une arme politique avant d’être institutionnelle
Dans ce contexte, les motions de censure déposées ou annoncées par La France insoumise et le Rassemblement national entretiennent une pression constante sur l’exécutif. Si leur adoption reste improbable sans ralliements transversaux, le risque d’un basculement, notamment via une partie des groupes LR ou PS, ne peut être totalement écarté.
C’est précisément ici que la menace de dissolution prend tout son sens. En l’évoquant à l’approche des municipales, l’exécutif en fait un outil de dissuasion politique. Toute motion de censure ferait peser le risque de législatives anticipées en pleine campagne locale, un scénario particulièrement redouté par les partis solidement implantés dans les territoires.
La dissolution devient alors un instrument de stabilisation parlementaire par la contrainte.
Des municipales sous risque de nationalisation
L’usage politique de cette hypothèse fragilise directement le scrutin municipal des 15 et 22 mars. En introduisant une incertitude sur le calendrier institutionnel, le débat local court le risque d’être éclipsé par des enjeux nationaux.
Urbanisme, écoles, services publics de proximité, ces sujets structurants pour la vie quotidienne pourraient passer au second plan derrière les affrontements partisans. Pour de nombreux maires et candidats, notamment en milieu rural, cette nationalisation du scrutin constitue un véritable casse-tête politique et logistique.
La figure du maire, pourtant l’élu le plus apprécié des Français et pilier de la démocratie de proximité, se retrouve ainsi prise en otage d’un rapport de force national qui brouille les débats locaux et fragilise la dynamique des territoires.
Des effets déjà visibles sur l’action publique
Même sans dissolution effective, la simple évocation de cette hypothèse produit des effets concrets. Elle installe un climat d’attentisme au sein des administrations, des cabinets ministériels et des acteurs territoriaux. Les décisions sont ralenties, les arbitrages reportés et la projection à moyen terme devient plus incertaine.
Cette situation complique la gestion des crises en cours, en particulier sur les dossiers agricoles ou industriels, où les annonces peinent à se traduire rapidement sur le terrain faute de visibilité politique et budgétaire. Elle alimente enfin une forme de fatigue démocratique, renforçant la défiance et le sentiment de blocage chez de nombreux acteurs locaux.
Le rôle de Giesbert & Mandin dans les périodes d’incertitude
Pour Giesbert & Mandin, le cabinet en relations presse et affaires publiques du Groupe Intelligible cette séquence politique ne modifie pas la nature de notre mission, mais en accroît l’intensité. Une éventuelle dissolution serait contraignante pour certains clients très dépendants des décisions publiques, mais elle constitue aussi un moment clé pour affirmer notre rôle de conseil stratégique.
Dans des secteurs comme la santé, l’énergie ou l’innovation territoriale, l’enjeu central demeure la continuité. Même en période de turbulence politique, l’État et les administrations continuent de fonctionner. Encore faut-il savoir où les décisions se prennent, quels leviers restent activables et quels interlocuteurs demeurent opérationnels.
Notre accompagnement repose alors sur trois piliers :
- des analyses rapides et accessibles pour décrypter la situation,
- des cartographies d’acteurs constamment actualisées,
- un suivi fin des signaux politiques et administratifs.
Quand le cadre institutionnel bouge, notre valeur ajoutée est claire : apporter de la lisibilité.
Maintenir le cap malgré l’instabilité
Cette séquence confirme l’évolution de notre métier. Plus que jamais, les organisations ont besoin de points d’appui solides pour sécuriser leurs projets dans un environnement politique instable.
L’objectif de Giesbert & Mandin reste inchangé : faire en sorte que, même lorsque le politique vacille, les projets de nos clients continuent d’avancer.
Crédit photo : ALAIN JOCARD / AFP

