06 Janvier 2026

Grève des médecins : une crise révélatrice des fragilités du système de santé français

Un mouvement d’ampleur nationale

Depuis le lundi 5 janvier, les médecins libéraux et les cliniques privées observent une grève nationale prévue de 10 jours. Lancé conjointement par les organisations professionnelles représentatives, les syndicats étudiants et une jeune génération de médecins, le mouvement se traduit par la fermeture de nombreux cabinets et l’annulation d’opérations chirurgicales non urgentes. 

Avant même le début du mouvement, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) annonçait une participation massive, estimant que 85 % de ses adhérents prévoyaient de se joindre à la grève. Côté médecins de ville, le syndicat Jeunes médecins Île-de-France a mis en place une plateforme de déclaration pour les grévistes, qui comptait déjà plus de 14 500 inscrits.

Si les patients déjà hospitalisés continuent d’être pris en charge, les personnes se présentant aux urgences ou en maternité – hors urgences vitales – sont orientées vers l’hôpital public. Une situation qui risque d’accentuer la pression sur un service public déjà fragilisé par les épidémies hivernales.

Pourquoi cette grève ?

Au cœur de la contestation : le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, jugé insuffisant au regard des besoins croissants du système de santé, et plusieurs mesures perçues comme une remise en cause de la liberté d’exercice des médecins.

Les syndicats dénoncent notamment :

  • un sous-financement structurel.
  • un contrôle renforcé des prescriptions d’arrêts de travail.
  • la possibilité pour les autorités de revoir les tarifs de certains actes, en contournant le dialogue social.
  • la crainte d’une restriction de la liberté d’installation, à travers des textes actuellement examinés au Parlement.

Pour certains syndicats, comme celui des gynécologues-obstétriciens (Syngof), ce mouvement est “la conséquence de politiques qui agressent les médecins”, en particulier ceux du secteur 2. Plusieurs actes remboursés par l’Assurance-maladie n’ont, selon eux, pas été revalorisés depuis les années 1990, malgré l’évolution des pratiques et des charges.

La réponse du gouvernement

Dans un courrier adressé le mercredi 31 décembre aux médecins libéraux, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a tenté de calmer le jeu. Elle a affirmé que certaines mesures envisagées étaient davantage des “possibilités” que des “obligations”, tout en maintenant la logique de restriction des prescriptions d’arrêts de travail.

Selon la ministre, ce dispositif vise avant tout à améliorer le suivi des patients en arrêt de longue durée afin de lutter contre la désinsertion professionnelle, avec la possibilité de dérogations “lorsque l’état du patient le justifie”. Elle a également défendu l’encadrement des dépassements d’honoraires, estimant que leur hausse contribue au renoncement aux soins pour des raisons financières.

Tout en se disant ouverte au dialogue et en espérant un mouvement de courte durée, Stéphanie Rist n’a pas exclu le recours à des réquisitions si la continuité des soins venait à être menacée. Enfin, candidate à sa réélection comme députée de la 1re circonscription du Loiret, elle a annoncé qu’en cas de défaite au premier tour, prévu le 18 janvier, elle proposerait de quitter le gouvernement.

Un lien direct avec nos clients

Cette mobilisation met en lumière des fragilités structurelles du système de santé : tensions sur les ressources humaines, dégradation des conditions d’exercice, déséquilibres économiques et dialogue social fragilisé. Autant de réalités auxquelles plusieurs de nos clients chez Giesbert & Mandin sont confrontés au quotidien : 

  • OMEDYS est directement concerné par les enjeux de pénurie de professionnels, de continuité des soins et d’adaptation des organisations médicales. À la fois observateur de la crise et acteur de solutions, l’acteur évolue dans un contexte où chaque prise de position doit être finement calibrée.
  • La FHP Nouvelle-Aquitaine voit, de son côté, sa légitimité renforcée pour porter la voix du secteur privé, décrypter les réalités du terrain et peser dans le débat public régional et national.
  • Enfin, chez GBNA Santé, la mobilisation se traduit concrètement par des ralentissements d’activité et une tension sociale accrue dans certains établissements, nécessitant une communication claire, cohérente et apaisée.

Notre valeur ajoutée chez Giesbert & Mandin consiste précisément à accompagner ces acteurs – aux rôles et aux discours différents, mais inscrits dans un même récit du système de santé – afin de définir pour chacun la posture, le niveau de prise de parole et le narratif les plus adaptés, sans jamais occulter la complexité du contexte.

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